Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /Août /2009 20:15

À creuser la tombe de mes pères

à force

j'en oublie de perdre le temps

j'en oublie de poser inutile ma tête

j'en oublie un rien gorgée de trop plein

à disséquer ma mémoire ouverte

à force

j'en oublie aux yeux, mes poches

j'en oublie aux tempes, mes fissures

j'en oublie aux mains lasses, le repos

je voudrais mettre du désordre dans l'ordre

dormir le jour pour la nuit

je voudrais courir à toute allure

jusqu'à en perdre le nord

oh pas longtemps!

des heures, des quarts de l'heure,

pour fuir le bruit qui m'habite

me perdre en vie

à la frontière du vivant

au bord du souffle, à l'halètement

je n'ai trouvé que l'écrire

pour m'égarer

m'évader au dehors du monde et de moi-même

Par zou - Publié dans : intérieur
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 12:59
" à Lucie pour...touareg"

peinture lucie


Je me souviens de cette musique

Qui tournait sans fin, celle des vieux manèges

Non parce que j’y étais mais de ces téléfilms

Dont ils ne restent rien, juste le tourniquet

Le souvenir de quelque chose qui bulle

Au présent, comme si le temps qui fuit

N’enlève pas les bulles,

Le pourquoi du comment, qu’elle reste ?

La musique

Et qu’ils s’associent à d’autres

Les mots?

À l’odeur qui sent bon

Alors qu’ils n’avaient pas d’odeur

Je me souviens de ces mots qui s’allongeaient

Qui reviennent parfois dans les miens

Et dont je ne me souviens plus de la définition

Ils ne sont pas comme lumière, ils tremblent

Comme les sens éveillés boutonnent la peau

Ils ne sont pas comme lucides, ils  "point d’interrogation" 

Comme des vérités ne rectanglent pas l’horizon

Ils ne sont pas comme affamés, ils humectent

Comme s’imprègnent les sucs et pores

Ils ne sont pas comme adroits, ils penchent

Comme toutes ces veinures tranchantes, qui ne débitent pas la viande

Ils ne sont pas comme voyants, ils s’illusionnent

Comme toutes pierres, jetées cheminantes

Ils ne sont pas comme figés, ils déambulent

Comme les encres danseuses qui tanguent

Ils ne sont pas comme audibles, ils chuchotent

Comme des vers nomades qui bourlinguent, 

Ils ne sont pas comme sûrs, ils inventent

Comme ne croient pas dur comme fer, les yeux qui voient

Ils tourniquaient… Et m’ont fait aimer la danse


Par zou - Publié dans : clin d'oeil
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 13:12

le cheveu argent

le souffle court et l'urgence à dire

le corps abimé par trop de monde à refaire

Il penche un peu

juste un poil au dessous de l'insensé

au sens mien,c'est à dire

il s'impose à mesure où fait le mort

il n'a de vie que la mémoire et un sac sur l'épaule

année après année

de feu en brulure

de terre arpentée

il réapparaît

je ne sais rien de lui

il est de ces gens là

ceux qui foulent le monde avec la voix

les mots écrits ,ceux qu'il a bu et ceux qu'il cherche encore

naître quelque part et retourner la terre

n'être de nulle part et plus tout à fait là

refaire le monde au liquide

de quel monde parle t-il?

et le mien si étroit...

mon doigt glisse sur son arcade ouverte

indolore

j'ai cru voir ses yeux

j'ai cru voir l'enfant dans l'homme,si peu

mon doigt glisse et il sourit

combien de mains l'ont réparé?

quelle peau s'approchera au près de l'odeur qui le tenaille?

J'ai l'intime conviction

il ira jusqu'au bout de lui

jusqu'au fort du possible

 

Par zou - Publié dans : intérieur
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 09:28
mère tu te confonds dans ton indulgence
quand tu crois connaître et que tu ne sais pas
...de nous
le temps n'est pas l'ultime
à te croire il est unique
il t'offres une rédemption multiple
dans la vérité que tu obliges à l'œil
il n'est que facteur à d'autres
absolu du monde
mon sentiment,
mère dans chaque temps, une substance
un passé de quarante que je n'ai pas
et bien mal
je ne n'ai de vérités qu'hésitantes
quand un vecteur à d'autres détruit la pensée unique
un absolu défendable à l'adverse du temps
tu dis savoir avec la fatigue joyeuse
avec les encres dessinées
mère ton regard ne défend pas l'urgence
tu ne laisses rien au hasard
la confiance amène au libre, oui!
et je me sens fort
mais pas en danger
je sais être absout de tes droits et faire le mort
mère tu as avoir peur
non pas de moi
mais de tes oublis
de tes confiances ordonnées
auxquels je ne me soumets pas
Par zou - Publié dans : intérieur
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 08:49
je viens d'une terre où l'on parle avec les mains
où la parole se dépose en offrande dans la paume
où l'assiette est creuse, échangeable
où il n'est jamais trop tard pour arriver
toujours trop tôt pour partir
je viens d'un endroit où tout est trop fort
où tous les sens transpirent
où rien n'est accessoire
où la terre est aussi rouge que le sang
où le coeur implose
la voix se déchire
où les larmes se mélangent aux ongles à genoux
où le rire sort de la poitrine à coup de main
je viens d'une terre qui a frappé si fort
que j'ai perdu connaissance
anéantie de désaccords
d'amertume et de poings
il m'a fallu du temps pour revenir
du bruit au silence
Par zou - Publié dans : espace
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