Samedi 22 août 2009
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12:43
Egrènent les mains le creux de nos ventres
égrènent les paumes la mémoire de nos orgasmes
je ne suis qu'un corps cousu de mille peaux
je ne suis qu'une âme qui cherche son âme
et chauffe la graine et tourne, égrène
je fais l'amour au sablier du temps
j'invoque les dieux et baume mes brulures
à t'étouffer d'amour, je suis tombée dedans
à croire que cet arbre porterait mes feuilles
lourdes,
j'ai confondu nos peaux
j'ai fondu dans la tienne
à t'étouffer d'amour, j'ai perdu ton essence
ouvert bée, les césures de mon enfance
j'égrène les écailles et lisse mon amour
se peut-il que dans la cicatrisation
il s'illumine,
Par zou
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Jeudi 20 août 2009
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20:02
Aussi loin que je m'en souvienne, je ne m'en souviens pas. Je gribouille. Je reste dans l'idée d'un sens.
Comme l'ivresse, la douleur, le chemin. Ça porte en vie. Je garde le nez au dessus de la tête,des trous comme des serrures dont les clés propulsent ailleurs.Ces livres d'enfance à bousculer les
portes, finir les histoires, les emmêler. J'ai sursauté au livre, fermé un œil au film, mais l'idée est tenace. J'hume en aveugle. Un troisième œil à la paire qui ne me suffit plus.
Un parcours de vacances, un atelier d'écriture pour enfants. Deux, trois, d'un jour. Deux, trois, du
lendemain. Le regard tourné vers l'attention de la mère, l'allègement et le sourire reconnaissant au voyage. Un monde. Des heures en vacances, il est arrivé seul. Un de ceux du jour et du
lendemain. Premier et dernier, de l'arrivée au départ. Une turbulence dans la parole, tournis incessant. Le repos à la feuille, la vie ne se lit pas toujours sur le visage. Il l'a écrit,
gribouillé et j'ai eu le sentiment d'avoir compris le sens multiple, une évidence à cet instant.
Par zou
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Samedi 15 août 2009
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21:48
gommer
brouillée je
effacer
les traces
se peut-il d'avoir mal autant
par le mal qui te ronge
pied en l'air
l'autre au sol
un, deux, trois soleil
on courre en arrière
se peut-il impuissants
de regarder le monde par derrière
j'efface, je gomme, je trace
pleine pomme, dedans la glace
se peut-il d'aimer à ce point
elle te respire plus que jamais, à un autre
elle te serre à ses entrailles
et j'ai mal, ballante de cet amour là
impuissante
l'odeur que, je vous respire
de mère à la notre, par toi
Par zou
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Jeudi 13 août 2009
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21:30
Du retour
un ocre à la gorge
un vent dispersant la brume
un foin brulé,surgit de nulle part
odeur de par mille reconnue
j'ai toujours eu plus froid dedans que dehors
une tâche de naissance
une coquetterie dans l'oeil
j'ai marché là où la peau brule
là où le soleil fait perdre les saisons
j'ai planqué l'hiver, mis l'automne au chaud
j'en tremble encore
je boutonne ma peau à l'ardeur qui me gagne
je l'ai connu le cheveu long
il rêvait de sable et de dune
il s'abandonnait au désert
il pensait nouveau
il voulait écrire à en crever
à défault de ne savoir lire
géant
je l'ai reconnu le cheveux court
un mur sur son visage
il pensait silence
il ne rêvait plus
et j'oubliais de parler
j'ai fini par le chercher dans mes rêves
huit clos à pas d'heures
tous les mots qui dormaient là
je me réveillais en sueur
du retour
quand il ne reste que l'urgence de la vie
il reconnaît ses enfants
je le découvre se dégageant du songe
le cheveux gris
dans le tout à renaître
l'effroi, sans doutes
de perdre ma danseuse, sa fille
Par zou
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Vendredi 7 août 2009
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08:32
Des atours
de peau éclose à la nature
j'ai gardé l'olive et la chevelure
de courbes épanouies
d'insolence à la naissance
j'ai gardé la peau accouchée
tatouée matrice,
à jamais différente
au nouveau né sursautante
de baisers volés, de désir affolé
du croire à l'amour alliance
j'ai gardé un entêtement
une vapeur assourdissante
de rires fous,
fous d'insouciance à coucher dehors
j'ai gardé l'oreiller humide
l'appel à l'ailleurs, jetée de l'ancre
de danse à tomber
de doigts étourdis,
de coups de hanches
j'ai gardé l'oubli
la transe
de mots chuchotés
de lectures jouissives
j'ai gardé le murmure
l'aube de l'étreinte
Par zou
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